Définitions : solde naturel et solde migratoire
Le solde naturel correspond aux naissances moins les décès. Ces événements sont enregistrés par l’état civil, qui constitue la source de cette donnée. Un solde positif signifie davantage de naissances que de décès, et un solde négatif signifie l’inverse.
Le solde migratoire mesure l’effet des arrivées et des départs de population. Il n’est pas enregistré directement. Il est dit « apparent » parce qu’il se déduit par écart et qu’il intègre aussi les écarts de qualité des recensements. Il ne correspond donc pas à un décompte exact des personnes ayant déménagé.
La variation de population est la somme du solde naturel et du solde migratoire apparent. C’est la seule des trois grandeurs qui traduit directement la hausse ou la baisse du nombre d’habitants.
| Notion | Ce qu’elle mesure | Origine de la donnée |
|---|---|---|
| Solde naturel | Naissances moins décès | État civil |
| Solde migratoire apparent | Écart entre la croissance totale et le solde naturel | Déduit par écart, non enregistré directement |
| Variation de population | Évolution totale du nombre d’habitants | Somme des deux soldes |

Comment l’Insee mesure-t-il le solde migratoire ?
L’Insee déduit le solde migratoire apparent par différence : il correspond à la variation de population observée entre deux dates, moins le solde naturel issu de l’état civil.
Le calcul suit trois étapes :
- Mesurer la variation de population entre deux estimations annuelles.
- Récupérer le solde naturel (naissances moins décès) dans les registres de l’état civil.
- Appliquer la formule : solde migratoire apparent = variation de population − solde naturel.
Comme il s’agit d’un résidu, toute erreur sur l’estimation de population se reporte directement sur le solde migratoire.
Des estimations annuelles au 1er janvier. Chaque année, l’Insee estime la population des régions et des départements au 1er janvier. Pour comparer deux départements sur une période donnée, il faut vérifier que les variations sont calculées sur la même édition de ces séries.
Effet de la révision du recensement de 2018. La révision du questionnaire du recensement en 2018 affecte la mesure de l’évolution de la population sur la période récente. Un changement de méthode peut ainsi modifier l’apparence d’une tendance sans qu’un changement réel de mobilité soit intervenu. Les écarts observés sur les années proches de cette révision demandent donc une lecture prudente.
Le Rhône : une croissance portée par les naissances
Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la croissance du Rhône vient surtout du solde naturel. Sur la période 2015-2021, sa population a augmenté de +0,6 % par an, soit un rythme porté par un solde naturel de +0,7 %/an, avec un solde migratoire nul.
| Composante (taux annuel, 2015-2021) | Rhône |
|---|---|
| Croissance totale de la population | +0,6 % |
| Solde naturel (naissances moins décès) | +0,7 % |
| Solde migratoire apparent | 0 % |
Le solde naturel (+0,7 %) est légèrement supérieur à la croissance totale publiée (+0,6 %), avec un solde migratoire nul. L’écart de 0,1 point peut venir des arrondis : la croissance du Rhône repose donc surtout sur l’excédent des naissances sur les décès. Lire séparément les deux soldes permet de voir si la croissance vient surtout des naissances ou des arrivées, en gardant à l’esprit que le solde migratoire apparent est un résidu.
Pour comparer d’autres départements de la région sur ce critère, il faut disposer, pour chacun, du taux de croissance et des deux soldes sur la même période. La fiche de référence ne fournit ces trois valeurs que pour le Rhône parmi les départements dont la croissance est portée par les naissances. La comparaison s’arrête donc à ce seul cas.
Départements qui attirent par les arrivées
En Auvergne-Rhône-Alpes, sur la période 2015-2021, la Haute-Savoie est le département dont la population augmente le plus vite : +1,0 % par an, soit la croissance la plus forte de la région selon l’Insee (publication du 28 décembre 2023). Sa hausse ne repose pas uniquement sur les naissances. Elle se répartit à parts égales entre le solde naturel et le solde migratoire.
| Composante | Taux annuel 2015-2021 | Part de la croissance |
|---|---|---|
| Croissance totale | +1,0 % | 100 % |
| Solde naturel (naissances moins décès) | +0,5 % | 50 % |
| Solde migratoire | +0,5 % | 50 % |
Un solde migratoire positif signifie que le département accueille davantage de nouveaux résidents qu’il n’en perd par départs. Ce gain net s’ajoute à la croissance naturelle. Pour la Haute-Savoie, il explique la moitié de la hausse annuelle de +1,0 %.
Ce chiffre reste une estimation : un taux de +0,5 % doit être lu comme un ordre de grandeur, et non comme un décompte exact des arrivées.

Pourquoi certains départements perdent-ils des habitants ?
Une baisse de population résulte de deux composantes : le solde naturel et le solde migratoire apparent. Le solde naturel est négatif lorsque les décès dépassent les naissances.
Pour savoir quelle composante pèse le plus dans un département, il faut lire les deux chiffres séparément :
- un solde naturel négatif signale un vieillissement ou une faible natalité, avec plus de décès que de naissances ;
- un solde migratoire négatif signale des départs supérieurs aux arrivées.
En Auvergne-Rhône-Alpes, sur la période 2015-2021, le Cantal présente le solde naturel le plus bas de la région, à -0,7 %/an. Ce déficit est compensé en partie par un solde migratoire de +0,5 %.
L’Allier est le seul département de la région à perdre nettement des habitants, à -0,3 %/an (2015-2021). La fiche ne détaille pas la part de ses soldes naturel et migratoire dans ce recul. Il ne faut donc pas en déduire la cause à partir du seul total.
Limites de la comparaison par département
Sur 2015-2021, les croissances annuelles publiées pour l’Auvergne-Rhône-Alpes vont de -0,3 % (Allier) à +1,0 % (Haute-Savoie). Leur lecture demande trois vérifications avant de conclure.
Données 2026 encore provisoires
Une comparaison qui inclut Mayotte sur cette année doit le signaler et ne pas la présenter au même niveau de certitude que les années précédentes.
Écarts liés aux arrondis
Les taux annuels sont publiés à une décimale. Additionner le solde naturel et le solde migratoire arrondis ne redonne donc pas toujours la croissance publiée :
| Département (2015-2021) | Solde naturel | Solde migratoire | Croissance publiée | Somme des deux soldes |
|---|---|---|---|---|
| Rhône | +0,7 % | 0 % | +0,6 % | +0,7 % |
| Haute-Savoie | +0,5 % | +0,5 % | +1,0 % | +1,0 % |
Pour le Rhône, la somme des composantes dépasse de 0,1 point la croissance publiée. Cet écart peut venir des arrondis, et il doit être gardé en tête avant de conclure qu’un département progresse plus vite qu’un autre sur une différence aussi fine.
Départements de tailles différentes
Un même taux ne représente pas le même nombre de personnes selon la taille du département. Un solde naturel de +0,5 % dans un petit département correspond à moins d’habitants que le même taux dans un grand. Pour comparer, il faut donc privilégier les taux par habitant plutôt que les effectifs bruts.
Les ruptures de séries constituent une troisième limite. Avant de comparer l’évolution d’un département sur plusieurs années, il faut vérifier que la méthode de mesure n’a pas changé entre le début et la fin de la période étudiée.
Où trouver les données officielles ?
L’Insee publie chaque année des estimations de population au 1er janvier pour les régions et les départements. Les estimations au 1er janvier 2026 ont été publiées le 13 janvier 2026. Elles fournissent des séries de 1975 à 2026, ventilées par sexe et par âge, ce qui permet de suivre l’évolution d’un département sur une longue période.
Pour les soldes par département, deux publications de l’Insee sont utiles :
| Source | Date de publication | Contenu | Période couverte |
|---|---|---|---|
| Estimations de population de l’Insee | 13 janvier 2026 | Population des régions et départements au 1er janvier, par sexe et par âge | 1975 à 2026 |
| Publication régionale sur Auvergne-Rhône-Alpes | 28 décembre 2023 | Croissance annuelle des départements, décomposée en solde naturel et solde migratoire | 2015-2021 |
La publication régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes illustre la méthode de lecture. Elle sépare la croissance de chaque département entre solde naturel et solde migratoire, ce qui évite de confondre une hausse liée aux naissances avec une hausse liée aux arrivées.
Pour exploiter ces données :
- Repérez d’abord l’année de référence. Les estimations sont datées au 1er janvier, et non à la fin de l’année.
- Téléchargez les séries du département et de ses voisins, pour disposer d’une référence de comparaison.
- Vérifiez si la publication décompose la croissance entre solde naturel et solde migratoire apparent.
- Notez les données provisoires. Celles de Mayotte pour 2026 le sont.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre solde naturel et solde migratoire ?
Le solde naturel se calcule à partir de l’état civil, tandis que le solde migratoire apparent n’est pas enregistré directement. Il se déduit en retranchant le solde naturel de la variation de population, ce qui le rend dépendant de la qualité des estimations.
Peut-on comparer les soldes de deux départements sur des périodes différentes ?
Non. Deux départements ne sont comparables que si leurs soldes portent sur la même période et sur la même édition des estimations de l’Insee. Pour 2015-2021, la révision du questionnaire du recensement en 2018 impose de lire les résultats avec prudence.
Un solde naturel négatif signifie-t-il qu’un département perd des habitants ?
Pas nécessairement. Le Cantal affiche le solde naturel le plus bas de la région (-0,7 %/an sur 2015-2021), mais la variation totale de sa population n’est pas fournie dans les données disponibles. Il faut donc examiner la variation de population pour savoir si le nombre d’habitants baisse.