Les chiffres de délinquance par commune sont publiés par le ministère de l’Intérieur sur data.gouv.fr, dans un jeu de données intitulé « Bases statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales ».
Où trouver les chiffres de délinquance par commune
Localiser la page officielle
Le jeu est publié par le ministère de l’Intérieur, avec le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) mentionné comme producteur. Pour le retrouver :
- Saisir le titre complet du jeu dans la recherche de data.gouv.fr.
- Vérifier que le producteur affiché est bien le ministère de l’Intérieur.
- Ouvrir la fiche du jeu, qui regroupe les fichiers à télécharger et le fichier de documentation.
Lire la documentation avant d’exploiter les fichiers permet de comprendre le périmètre des données avant tout calcul.
Formats disponibles
| Format | Nature | Usage courant |
|---|---|---|
| CSV | Texte brut à colonnes séparées | Lecture dans un tableur ou un script |
| CSV.gz | CSV compressé | Téléchargement plus léger |
| Parquet | Format colonnaire | Traitement de gros volumes avec des outils de données |
| XLSX | Classeur Excel | Consultation directe dans un tableur |
Le choix du format dépend de l’outil utilisé. Pour une consultation ponctuelle d’une commune, le XLSX suffit. Pour comparer plusieurs communes ou plusieurs années, le CSV ou le Parquet sont plus adaptés, le XLSX restant réservé à la consultation d’une seule commune.
Conditions de réutilisation
La Licence Ouverte 2.0 encadre la réutilisation des données. Elle impose de citer la source lors de toute publication des chiffres, ici le ministère de l’Intérieur via data.gouv.fr. Un article ou un comparatif qui reprend des chiffres communaux doit donc mentionner cette origine.
Période et date de mise à jour
Le jeu couvre la période à partir de 2016. La date de mise à jour indiquée est le 9 juillet 2026. Les chiffres peuvent être révisés lors des mises à jour, notamment pour les années les plus récentes. Un chiffre cité sans sa période de référence ni sa date de publication ne peut pas être daté avec précision.

Que contient la base communale du SSMSI ?
Avant toute analyse, repérez les noms exacts des colonnes correspondant à l’année, à la commune et au type d’infraction. Ces noms ne se devinent pas à partir des seules valeurs du fichier.
Chaque commune est identifiée par un code géographique. Pour croiser ces données avec un autre jeu, comme la population ou les prix immobiliers, la clé de jointure doit avoir le même format des deux côtés. Un code qui commence par un zéro peut perdre ce zéro dans un tableur, et la jointure échoue alors sans message d’erreur.
Les infractions sont classées selon une nomenclature à plusieurs niveaux, dont les intitulés sont définis dans la documentation. Lorsque vous additionnez des lignes, utilisez un seul niveau de cette nomenclature.
Faits enregistrés et délinquance réelle
Le jeu de données publié sur data.gouv.fr par le ministère de l’Intérieur (SSMSI) recense les infractions enregistrées par la police et la gendarmerie. Il ne mesure pas directement la délinquance subie par les habitants. Entre les deux, plusieurs filtres modifient le chiffre publié pour une commune.
Le premier filtre est le dépôt de plainte. Une infraction n’entre dans les statistiques que si elle est signalée puis enregistrée. Les vols, dégradations ou violences peu graves sont souvent non déclarés, et ce taux de signalement varie selon le type d’infraction, la confiance envers les forces de l’ordre et les habitudes locales. Une commune où les habitants portent plainte davantage peut donc afficher plus de faits enregistrés qu’une commune aux problèmes comparables mais aux déclarations plus rares.
Le second filtre est la pression policière. Les infractions liées aux contrôles, comme les infractions à la législation sur les stupéfiants, n’existent statistiquement que si un agent les constate. Un renforcement des patrouilles ou des contrôles peut donc faire progresser le nombre d’infractions enregistrées sans hausse équivalente des faits réels.
Pour recouper ces chiffres, une source distincte existe : l’enquête Cadre de vie et sécurité. Elle interroge des personnes sur les victimisations qu’elles déclarent, qu’elles aient ou non porté plainte. Les deux approches ne couvrent pas exactement le même périmètre, et leurs écarts éclairent le biais de signalement.
Comment comparer deux communes ?
Pour comparer deux communes, il faut ramener les volumes bruts de faits enregistrés à un taux pour 1000 habitants, calculé sur la même année et le même périmètre géographique. Une commune plus peuplée enregistre mécaniquement davantage de faits, donc le nombre brut ne permet pas de comparer deux territoires de tailles différentes.
Étape 1 : normaliser par la population
Le taux se calcule ainsi : nombre de faits ÷ population de la commune × 1000. Le résultat indique le nombre de faits pour 1000 habitants et permet une comparaison directe entre deux communes, même si leurs populations diffèrent fortement.
Étape 2 : aligner l’année et le périmètre
Les deux communes doivent être comparées sur une seule et même année. Il faut aussi vérifier que le code commune et le périmètre sont identiques dans les deux séries, car une fusion ou une modification de limites peut produire un écart qui ne reflète aucune évolution réelle.
Étape 3 : construire le tableau côte à côte
| Étape | Donnée à relever | Calcul à appliquer |
|---|---|---|
| 1 | Nombre de faits enregistrés pour l’année retenue, commune A et commune B | Valeur brute, sans transformation |
| 2 | Population de chaque commune pour la même année | Valeur de référence issue d’une source de population distincte, à citer séparément |
| 3 | Taux pour 1000 habitants de chaque commune | (faits ÷ population) × 1000 |
| 4 | Écart entre les deux communes | Différence des deux taux, ou rapport entre eux |

Pourquoi certaines communes manquent-elles ?
Une commune absente d’un fichier de statistiques ne permet pas de conclure qu’elle n’a enregistré aucun fait. Le jeu ne fait pas apparaître toutes les communes de la même façon. Trois mécanismes expliquent la plupart des lignes absentes ou partielles.
Seuil de population des communes publiées
Les communes ne sont pas toutes publiées au niveau communal. Le fichier de documentation livré avec les données précise les règles de publication. Selon les règles de publication décrites dans la documentation, certaines communes peuvent n’apparaître qu’à un niveau agrégé ; il faut vérifier ce point dans ce fichier.
Fusions et changements de code
Une commune fusionnée ou rattachée à une autre peut changer de code commune (code INSEE). La série ancienne s’arrête alors sous un code, et la nouvelle apparaît sous un autre. Sans rapprochement, la commune semble disparaître puis réapparaître.
Secret statistique sur les petits effectifs
Selon la documentation, certaines valeurs à très faibles effectifs peuvent ne pas être diffusées ; une cellule vide ne signifie pas pour autant une absence de faits. Une cellule vide relève alors du secret statistique et non d’une absence de faits.
Méthode de vérification
- Repérez le code commune de la commune étudiée et vérifiez s’il a changé depuis 2016.
- Ouvrez le fichier de documentation pour identifier le seuil et les conventions de publication.
- Recherchez les années où la série s’interrompt, puis rapprochez les codes avant de calculer une évolution.
- Notez les catégories masquées au lieu de les remplacer par zéro.
| Situation | Lecture correcte | Action |
|---|---|---|
| Commune sous le seuil de publication | Absence de publication communale, pas absence de faits | Consulter le niveau agrégé indiqué dans la documentation |
| Code modifié après fusion | Série interrompue sous l’ancien code | Rapprocher les deux codes avant comparaison |
| Cellule masquée | Secret statistique, pas valeur nulle | Ne pas imputer de valeur |
Croiser délinquance, prix DVF et démographie
Le croisement repose sur une clé commune : le code INSEE de la commune. Les bases statistiques communales de la délinquance, publiées par le ministère de l’Intérieur, sont organisées par commune, comme les données de transactions immobilières et les estimations de population. Une jointure sur ce code rapproche les trois séries pour une même commune. Une jointure sur le nom de la commune est déconseillée, car les homonymes, les variantes d’orthographe et les communes fusionnées produisent des erreurs d’appariement.
Les trois jeux à assembler
| Source | Information apportée | Clé de jointure |
|---|---|---|
| Bases statistiques communales de la délinquance (ministère de l’Intérieur, SSMSI) | Faits enregistrés par commune | Code commune |
| DVF (demandes de valeurs foncières) | Transactions immobilières, dont la médiane du prix au mètre carré | Code commune |
| Population communale (INSEE) | Nombre d’habitants par commune | Code commune |
Étapes pratiques
- Télécharger la base délinquance.
- Filtrer l’année et les indicateurs retenus, puis agréger les valeurs au niveau de la commune.
- Calculer une médiane du prix au mètre carré par commune à partir des transactions DVF. La médiane limite l’effet des valeurs extrêmes, contrairement à la moyenne.
- Joindre la population sur le code commune, puis vérifier que chaque commune retenue possède une correspondance dans les trois fichiers.
- Documenter les écarts avant la comparaison : nombre de communes absentes de l’un des jeux et années manquantes.
Les limites à connaître avant de choisir où vivre
La base communale de la délinquance enregistrée fournit un chiffre par commune, jamais par rue ni par îlot. Une même commune peut regrouper un centre-ville commerçant, une zone pavillonnaire calme et un secteur de logements collectifs aux profils très différents. Le découpage communal fond ces écarts dans une moyenne ou un total. Pour un achat ou une location, le chiffre communal ne renseigne donc pas sur le quartier ou l’immeuble visé. Avant de trancher, il faut vérifier le contexte local par d’autres moyens, par exemple en observant le quartier à différentes heures ou en interrogeant les habitants.
Le jeu de données ne mesure pas non plus le sentiment d’insécurité. Il recense des faits enregistrés par la police et la gendarmerie, pas la perception qu’ont les habitants de leur environnement. Une commune peut afficher des chiffres bas et être pourtant ressentie comme anxiogène, et l’inverse est tout aussi possible. Ces deux dimensions se lisent séparément et ne doivent pas être confondues.
Enfin, la fraîcheur des données impose une prudence méthodologique. Les années les plus récentes sont susceptibles d’être révisées lors des mises à jour suivantes. Comparer une année récente à une année ancienne suppose donc de vérifier que les deux valeurs proviennent de la même version du fichier, et non de deux téléchargements séparés.
Questions fréquentes
Faut-il citer la source si je publie des chiffres communaux ?
Oui. La Licence Ouverte 2.0 impose de mentionner l’origine des données dans toute publication, soit le ministère de l’Intérieur via data.gouv.fr. Un tableau ou un texte qui reprend ces chiffres doit donc indiquer cette provenance.
Jusqu’à quelle année remontent les statistiques de délinquance par commune ?
Le jeu de données couvre la période à partir de 2016, avec une mise à jour datée du 9 juillet 2026. Les années antérieures à 2016 ne figurent pas dans ce fichier et nécessitent une autre source.
Toutes les communes sont-elles publiées avec le même niveau de détail ?
La fiche de données ne précise pas les règles de publication par commune, comme un éventuel seuil minimal d’habitants ou l’application du secret statistique. Ces points sont à vérifier dans le fichier de documentation joint au jeu avant toute comparaison entre petites et grandes communes.