Pour compter les commerces de proximité à l’échelle d’un quartier, la référence est la Base permanente des équipements (BPE) de l’Insee, une base d’équipements géolocalisés qui couvre notamment les commerces et services. Son millésime le plus récent est BPE25, en géographie au 1er janvier 2025. Les portails open data des villes et le répertoire Sirene complètent cette démarche selon le niveau de détail recherché.

Où trouver le nombre de commerces par quartier ?

Trois familles de sources permettent de récupérer des effectifs à l’échelle infra-communale. Elles diffèrent par leur granularité, leur date de référence et leur mode de téléchargement.

Portails open data des villes

Certaines communes publient sur leur propre portail des jeux de données sur les équipements, les activités économiques ou les découpages de quartiers. La présence et le contenu de ces jeux varient selon la ville. Il faut donc consulter le catalogue de chaque commune étudiée et relever la date de mise à jour de chaque fichier.

Base permanente des équipements (BPE)

Chaque équipement y est géolocalisé, ce qui permet de rattacher les points à un quartier par agrégation spatiale, selon le découpage retenu. Le fichier détail du millésime BPE25 est actualisé chaque mois pour tenir compte des oppositions à la diffusion de données personnelles sur sirene.fr.

Répertoire Sirene et codes NAF

Le répertoire Sirene recense les établissements et leur code d’activité NAF. Il permet de compter les établissements par code, mais il ne fournit pas de découpage par quartier : les adresses doivent être géocodées avant tout regroupement.

Téléchargement via data.gouv.fr

Le portail data.gouv.fr centralise de nombreux jeux de données publics, dont des fichiers issus de l’Insee et de collectivités. Procédure recommandée :

  1. Rechercher le jeu par mot-clé (« BPE », « commerces », « équipements »).
  2. Vérifier la licence d’utilisation.
  3. Télécharger le format le plus exploitable et contrôler les colonnes avant calcul.
SourceRôle dans le comptagePoint de vigilance
Portail open data de la villeJeux locaux sur équipements ou quartiersContenu et fréquence de mise à jour variables selon la commune
BPE (Insee)Équipements géolocalisés par point—
SireneÉtablissements et codes NAFPas de découpage par quartier natif, géocodage nécessaire
data.gouv.frPoint d’accès centralisé aux jeux publics—

Où trouver le nombre de commerces par quartier ?

Que contient la base permanente des équipements ?

La Base permanente des équipements (BPE) de l’Insee recense les équipements géolocalisés d’un territoire : commerces, services, sport, santé et autres. Elle a été créée par l’arrêté du 11 janvier 2008, et sert de référence pour mesurer la présence de ces équipements à différentes échelles, de la commune au quartier.

ÉlémentValeur
Texte de créationArrêté du 11 janvier 2008
Millésime le plus récentBPE25
Géographie de référenceDécoupage au 1er janvier 2025

Le fichier détail est le produit le plus complet : il liste chaque équipement avec sa localisation et son code d’activité. Les équipements y sont regroupés en gammes, des ensembles thématiques qui permettent de passer d’une liste brute à des comparaisons par famille, par exemple l’ensemble des commerces de proximité d’une commune.

Quels commerces comptent comme commerces de proximité ?

Il n’existe pas de définition officielle unique du « commerce de proximité » : le périmètre d’un comparatif dépend des codes d’équipement que l’on retient.

La méthode consiste à :

  1. Consulter la nomenclature du millésime utilisé.
  2. Repérer les codes correspondant aux boulangeries, boucheries, épiceries, pharmacies, supermarchés, supérettes et hypermarchés.
  3. Lire pour chaque code la définition retenue dans la nomenclature, en particulier les critères qui séparent une supérette, un supermarché et un hypermarché.
GroupeTypes d’équipementsPoint de vigilance
AlimentaireBoulangerie, boucherie, épicerie, supérette, supermarché, hypermarchéLes grandes surfaces attirent une clientèle venue de loin et peuvent gonfler le total d’une commune sans bénéfice pour ses habitants
PharmacieOfficineCommerce de santé, généralement analysé à part des commerces alimentaires

Les hypermarchés implantés en périphérie illustrent le problème : ils sont comptés dans la commune où ils se trouvent, mais leur zone de chalandise dépasse souvent le quartier voisin. Un comparatif qui les inclut sans les isoler mesure donc davantage l’attractivité commerciale que la proximité réelle.

Comment comparer deux villes équitablement ?

Une comparaison n’a de sens que si les deux villes sont mesurées avec les mêmes règles. Trois éléments doivent être fixés avant tout calcul : le périmètre géographique, l’année de référence et la liste des codes d’équipements retenus.

Aligner les périmètres communaux

Le périmètre d’une commune peut changer dans le temps. Vérifiez que les deux villes sont extraites du même millésime et de la même géographie. Un écart observé peut sinon provenir du découpage et non de l’offre réelle de commerces.

Harmoniser les années de référence

Comparer une ville en millésime 2025 avec une ville en millésime antérieur fausse le résultat : l’ouverture ou la fermeture de commerces entre les deux dates apparaît alors comme une différence entre villes. Retenez une seule année pour toutes les villes comparées.

Le fichier détail est aussi actualisé chaque mois pour tenir compte des oppositions à la diffusion de données personnelles. Deux extractions faites à des dates différentes peuvent donc donner des totaux légèrement différents. Notez la date d’extraction, en plus de l’année, pour chaque ville.

Harmoniser les codes retenus

Appliquez exactement la même liste de codes aux deux villes. Une catégorie comptée dans l’une et exclue de l’autre rend le classement non comparable. Documentez cette liste dans le tableau de résultats, pour qu’un lecteur puisse reproduire le calcul.

Gérer les communes nouvelles et les fusions

Une commune nouvelle regroupe plusieurs anciennes communes sous un même code. Si une ville issue d’une fusion est comparée à une commune qui n’a pas fusionné, les équipements peuvent se trouver rattachés à un seul code dans un cas et répartis entre plusieurs codes dans l’autre.

Deux méthodes sont possibles :

  • retenir le périmètre actuel de la commune nouvelle pour les deux villes ;
  • reconstituer le périmètre historique en agrégeant les anciennes communes.

Ne mélangez pas les deux approches dans une même comparaison.

Comment comparer deux villes équitablement ?

Commerces pour 1 000 habitants : le bon indicateur ?

Le ratio pour 1 000 habitants rapporte un nombre de commerces à la taille de la population d’un territoire. Il permet de comparer deux quartiers de tailles différentes, mais il ne suffit pas, seul, à juger de la qualité de l’offre commerciale. Sa lecture dépend de la population retenue et de l’activité que le quartier accueille au-delà de ses habitants.

La formule

Le calcul se fait en trois étapes :

  • compter les effectifs retenus pour le quartier, c’est-à-dire le nombre d’établissements de la liste choisie ;
  • multiplier ce nombre par 1 000 ;
  • diviser le résultat par la population résidente du même quartier.

Formule : effectifs × 1 000 ÷ population.

Une condition de méthode garantit la validité du résultat :

  • Population de référence : le numérateur et le dénominateur doivent porter sur le même périmètre géographique et la même date.

Seuils par tranche de population

Un ratio n’a de sens qu’à population comparable. Un petit quartier résidentiel et un grand centre urbain n’ont pas la même logique commerciale, et leurs ratios ne s’interprètent pas de la même façon. Méthode recommandée :

  • regrouper les quartiers par tranche de population ;
  • calculer le ratio de chaque quartier ;
  • situer chaque quartier par rapport à la médiane de sa tranche plutôt que par rapport à une valeur absolue importée d’un autre contexte.

Aucun seuil universel n’est retenu ici : la valeur de référence se construit à partir des quartiers de même taille.

Effet des flux de passage

Le ratio rapporte les commerces à la population résidente, alors que certains quartiers accueillent une clientèle extérieure. Deux cas opposés :

  • un quartier de gare, une zone touristique ou un axe commercial très fréquenté affiche un ratio gonflé, car une part des clients ne vit pas sur place ;
  • un quartier d’affaires à faible population résidente affiche un ratio élevé qui sert surtout des actifs en journée, et non les habitants.

Un ratio élevé signale donc parfois une fonction de passage plutôt qu’une offre de proximité pour les résidents. Pour trancher, il faut croiser le ratio avec la nature des commerces recensés et avec la fonction du quartier.

Les limites des données par quartier

Compter les commerces de proximité par quartier à partir de la Base permanente des équipements (BPE) de l’Insee demande de vérifier trois contraintes avant de comparer deux villes. La BPE est une base d’équipements géolocalisés qui recense les commerces, services, équipements sportifs, de santé, etc. Un comptage n’est donc pas une mesure en temps réel : c’est une photographie datée, dont la précision dépend du découpage géographique appliqué.

Un millésime daté et un fichier détail actualisé chaque mois

La géographie de référence du millésime BPE25 est celle du 1er janvier 2025. Le fichier détail est actualisé chaque mois pour tenir compte des oppositions à la diffusion de données personnelles sur sirene.fr, mais il ne mesure pas l’activité commerciale en temps réel : une ouverture ou une fermeture peut ne pas encore figurer dans l’extraction utilisée. L’écart entre le comptage publié et la situation réelle est plus marqué dans les quartiers où les commerces tournent beaucoup. Pratique : ne pas interpréter un écart d’une ou deux unités comme une tendance.

Le secret statistique sur les petits effectifs

Lorsqu’un quartier compte très peu d’équipements d’une catégorie donnée, la diffusion de la donnée peut être restreinte pour protéger la confidentialité des établissements. Le principe général du secret statistique s’applique ici : une valeur faible ou isolée n’est pas toujours publiée. Une case absente ne signifie donc pas zéro commerce. Dans un tableau de comparaison, il faut distinguer explicitement « non publié » et « zéro ».

L’agrégation selon le découpage retenu

Les points géolocalisés doivent être rattachés à un périmètre : quartier administratif, découpage infra-communal de l’Insee ou zone définie par la collectivité. Selon la méthode de rattachement, un équipement situé près d’une limite peut basculer d’un quartier à l’autre. Deux résultats de « nombre de commerces par quartier » ne sont comparables que si le découpage est identique.

ContrainteEffet sur le comptageParade
Millésime daté (BPE25, géographie au 1er janvier 2025)Ouvertures et fermetures intervenues après l’extraction absentes du comptageNoter la date d’extraction du fichier détail
Secret statistiquePetits effectifs masqués ou non publiésDistinguer « non publié » et « zéro »
Découpage spatialRattachement des points selon le périmètre—

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